Tous ensemble-Blog
Französisch unterrichten mit Tous ensemble

Et si on se préparait à la Journée mondiale de l’enfance?

Le 20 novembre, c’est la Journée mondiale de l’enfance. L’occasion pour nous d’évoquer les progrès essentiels réalisés au niveau de la protection des droits des enfants, mais aussi de nous pencher sur leurs conditions de vie en France et dans le monde.

Dans les pays occidentaux, les enfants vivent bien, mais cela n’a pas toujours été le cas. Il a fallu différentes étapes pour arriver à la situation qu’on connaît aujourd’hui.

Quelques étapes de la protection de l’enfant (les institutions et textes officiels)

Mentionnons quelques dates-clés qui ont permis d’aboutir à la protection des droits de l’enfant telle qu’on la connaît aujourd’hui. Commençons par la création de l’UNICEF (le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance) en 1946 pour apporter une aide d’urgence aux enfants malades dans l’immédiat après-guerre. Puis, en 1959, a été adoptée la Déclaration des droits de l’enfant qui portait essentiellement sur l’éducation, la santé et la nutrition. Enfin, 1989 voit naître la Convention internationale des droits de l’enfant. Le 20 novembre de chaque année, c’est l’adoption de cette convention qu’on célèbre. Celle-ci s’appuie sur quatre principes fondamentaux : la non-discrimination, le bien-être de l’enfant, sa survie et son développement mais aussi sa participation aux décisions qui le concernent. La bonne nouvelle, c’est que cette convention a été ratifiée par presque tous les pays du monde : 193 pays se sont engagés à l’appliquer. En l’occurrence, sur la plus grande partie du globe, les enfants ont (en théorie) droit à une identité, à la santé, à l’éducation, à la protection contre la violence et ils ont également droit à la participation, droits qu’ils peuvent exercer avec l’aide de l’Etat si besoin. Ainsi, grâce à cette convention, l’enfant est désormais considéré comme une personne à part entière, dont il faut protéger les droits.

Les enfants dans le monde (la réalité)

Toutefois, dans la réalité, beaucoup d’enfants souffrent de la pauvreté et n’ont accès ni aux soins, ni à une alimentation équilibrée. Même si les actions du Conseil de sécurité de l’ONU ont permis de sauver des milliers d’enfants victimes de conflits armés, trop d’enfants vivent encore dans des pays en guerre ou, ayant dû fuir, sont séparés de leur famille. Enfin, tous les enfants ne vont pas à l’école (en particulier en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud), que ce soit à cause de la pauvreté de leur famille, de guerres ou du fait qu’ils sont obligés de travailler pour aider leurs parents.

Et en France ?

On a beau vivre dans le « pays des droits de l’homme », et logiquement des droits de l’enfant (la France a été le 2e pays européen à ratifier la Convention internationale des droits de l’enfant en 1990 !), la situation n’est pas rose pour tous les enfants vivant sur le territoire. Il y aurait actuellement 3 millions d’enfants pauvres en France (chiffre officiel cité dans un article de France Culture du 31 août 2019) France Culture. En 2018, le gouvernement a engagé des actions pour « garantir au quotidien les droits fondamentaux des enfants » ; concrètement, il s’agit de réduire la pauvreté des enfants démunis. Mais Marie Viennot, l’auteure de l’article sur France Culture, souligne que ce chiffre de 3 millions comptabilise les enfants vivant « au domicile d’un ménage pauvre », donc il ne prend pas en compte les enfants « qui vivent à la rue, dans des centres d’hébergement d’urgence, à l’hôtel, dans des bidonvilles, […] les enfants placés dans des foyers […] ou en prison » … Ainsi, il existe encore sur le territoire français de fortes disparités entre les enfants en ce qui concerne l’accès à leurs droits fondamentaux évoqués plus haut.

Enfin, à un autre niveau, n’oublions pas que beaucoup d’enfants ont été « fragilisés » par les conséquences socio-économiques de la pandémie, comme le souligne UNICEF France qui évoquait une « crise des droits de l’enfant » en France le 19 novembre 2020 UNICEF. De ce fait, les inégalités se sont encore creusées ; par ailleurs, on a observé un nombre grandissant d’enfants souffrant de troubles psychiques liés à la crise sanitaire et aux confinements.

Mais on parle d’eux, en leur nom, certes pour leur bien mais sans les consulter … La Convention des droits de l’enfant insiste sur leur participation. Alors, si on leur donnait la parole ?

Faisons participer les enfants !

Les années précédentes, à l’occasion de la Journée internationale de l’enfance, des magazines jeunesse (comme Le Monde des Ados) ont eu la bonne idée de les laisser s’exprimer dans les pages du numéro de novembre. Une enquête a également été réalisée pour UNICEF France en 2017, auprès de 500 enfants de 9 à 18 ans, pour savoir ce qui les préoccupe (enquête dont les résultats ont été présentés au président de la République et résumés par Le monde des Ados en novembre 2017). Alors, quand ils ont la parole, quel message souhaitent-ils faire passer ? Les enfants veulent avant tout changer l’école en France (abolition des notes, meilleure préparation à la vie active, plus d’activités gratuites). Mais le sort des autres enfants dans le monde les préoccupe également : eux aussi ont droit à de meilleures conditions de vie. Nos enfants souhaitent moins de terrorisme, de famine et de harcèlement . Ce qui les révolte ? Les injustices. Les jeunes ont une pensée particulière pour les migrants et leurs enfants

La Journée mondiale de l’enfance, c’est donc l’occasion d’évoquer avec nos jeunes la situation des autres enfants dans le monde, réalité dont ils sont déjà en partie conscients. Le cours de français constitue un environnement propice à des échanges (virtuels) avec des jeunes francophones d’Afrique que les apprenants pourraient interroger sur leurs conditions de vie… Le 20 novembre, rappelons à nos jeunes leurs droits (même dans nos pays, ce n’est pas inutile) et avant tout, permettons-leur de participer activement à leur vie pour qu’ils aient le sentiment d’être consultés et écoutés.

Nations unies (externer Link)

Laure Boivin ist seit vielen Jahren Autorin für Tous ensemble. Sie lebt in Frankreich und hat schon an vielen Tous ensemble-Titeln mitgearbeitet.

8 Personen haben sich für diesen Beitrag bedankt.
Danke!

Hinterlasse einen Kommentar

Ich habe die Datenschutzerklärung gelesen und verstanden.

Nach oben