C’est l’automne, et l’automne, c’est la saison des… vendanges !
En septembre-octobre, les régions viticoles de France s’animent. Le raisin est mûr, il est temps de le récolter! Ah, les vendanges… Eh bien, profitons de l’occasion pour aller voir quand et comment elles se déroulent…
L’automne est synonyme de vendanges dans bien des régions de France. Mais au fait, quand commencent les vendanges?
Le début des vendanges
Évidemment, les vendanges ne commencent pas partout à la même date. Le début des vendanges varie selon les régions, le climat, les années… En règle générale, on se met à récolter le raisin vers mi-septembre dans la plupart des régions viticoles, un peu plus tôt dans le sud (qui donne le coup d’envoi), dans les Côtes du Rhône ou le Beaujolais, un peu plus tard en Alsace et en Champagne, ainsi qu’en Charente (pour le cognac) et en Lorraine.
Certains cépages se récoltent plus tôt que d’autres : ainsi, on récoltera le chardonnay, le pinot noir, le gamay ou le sauvignon avant le cabernet franc ou le chenin, si on prend l’exemple des vins de la vallée de la Loire. Dans l’ouest, on commencera par récolter le raisin qui servira à faire du crémant ou du mousseux, puis celui pour les rosés, ensuite celui pour les blancs secs et enfin le raisin pour les rouges et les liquoreux.
Un « top départ » réglementé
Il existe un départ officiel qu’on appelle les « bans des vendanges ». C’est la préfecture qui donne l’autorisation de récolter le raisin, une centaine de jours après la floraison. Mais dans certaines régions comme la Touraine, il n’y a plus de bans de vendanges. Toutefois, le début des vendanges y reste réglementé : les vignerons doivent faire « analyser » le raisin. L’analyse permet de connaître les taux d’acidité et de sucre du raisin, et ainsi de calculer la teneur en alcool. Mais au final, c’est bien le vigneron qui décide de la bonne date pour se lancer, en goûtant son raisin tout simplement (enfin, « tout simplement », il faut quand même s’y connaître en dégustation pour pouvoir juger de la maturité du raisin…).
Les aléas du climat : 2021, une année difficile
Les viticulteurs, comme les agriculteurs, dépendent très fortement du climat. 2021 ne les a pas épargnés, malheureusement. Dans l’ouest, notamment en Touraine ou dans le pays nantais, les vignes ont été victimes du gel au printemps. Des vignerons ont ainsi perdu plus de 50 % de leur récolte, voire 80 % dans le muscadet… Puis les pluies de mai ont favorisé l’apparition du mildiou, une maladie de la vigne… En Méditerranée, l’été très sec a occasionné des incendies qui ont parfois détruit des vignes comme dans le Var… Donc, la production de vin de 2021 sera réduite sur le plan de la quantité (ceux pour qui l’année 2020 a été bonne, comme en Touraine, ont, par chance, des réserves). Cependant, la qualité semble être au rendez-vous grâce à un mois de septembre ensoleillé.
Sur le long terme, on constate que, du fait du réchauffement climatique, les vendanges démarrent plus tôt qu’avant. Mais 2021 déroge à cette (nouvelle) règle : à cause des aléas climatiques cités, elles ont commencé assez tard en Touraine (le 20 septembre, alors qu’en moyenne elles commencent désormais plutôt vers début septembre).
Vendanges à la main ou à la machine ?
Ça dépend. Chez le viticulteur de Touraine qui nous sert d’exemple, c’est moitié-moitié. Pour le crémant par exemple, les vendanges doivent se faire à la main, c’est une obligation légale. En Touraine, on vendange surtout à la machine.
Les conditions de travail des vendangeurs
Pendant les vendanges, les vignerons ont besoin de renfort. Ils embauchent donc des saisonniers à cette période, pour une durée de 3 à 4 semaines. En Touraine, les vendangeurs travaillent de 8h30 à midi et de 14h à 17h30. Faire les vendanges est un job apprécié, les conditions de travail ne sont pas désagréables ; l’ambiance est sympa dans les vignes, on discute en cueillant le raisin. Mais c’est moins festif qu’avant. Quand les vendanges étaient seulement manuelles, avant l’arrivée de la machine à vendanger vers 1985/1990, les saisonniers étaient beaucoup plus nombreux. Ils logeaient sur place et se retrouvaient tous au café du village en soirée… Ces temps semblent révolus.
Que se passe-t-il après la cueillette ?
Soit les grains de raisin vont directement au pressoir, pour le blanc et le rosé ; soit ils doivent d’abord macérer, avant d’aller au pressoir, pour le rouge. En Touraine, les vins seront mis en bouteille au printemps (pour les blancs et les rosés) ou en juillet (pour les rouges). Citons en passant le cas particulier du « primeur » de Touraine (qui a une macération courte, peu de tanin) : il sera mis en vente le 3e jeudi de novembre, ce qui sera l’occasion d’organiser des portes ouvertes et de favoriser les rencontres entre vignerons et amateurs de vin.
On le voit, le vin, c’est une culture : on cultive les sols, dans des conditions climatiques plus ou moins prévisibles ; cette activité a d’ailleurs durablement façonné les paysages aux quatre coins du pays. Mais c’est aussi un milieu, celui des viticulteurs, avec ses rituels, son sens de l’effort et du partage. Et c’est un élément majeur des repas conviviaux qui caractérisent le style de vie français.
Et chez vous, y a-t-il aussi des vignobles ? Le vin fait-il partie de votre culture / de vos habitudes culinaires ?
Ce type de travail saisonnier tenterait-il vos élèves ? Y a-t-il des jobs similaires (cueillette de fruits / de légumes) dans votre région ?
L’auteure tient à remercier Alain Godeau et les Caves du Père Auguste (Touraine).








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