Tous ensemble-Blog
Französisch unterrichten mit Tous ensemble

Le travail d’autrice pour « Tous ensemble » ou l’art du jonglage

Isabelle Darras écrit les histoires de « Tous ensemble ». Scénariste et écrivaine à Paris, elle raconte comment elle invente des histoires pour Klett Verlag.

Quand je commence une histoire pour « Tous ensemble », c’est comme si je me lançais à chaque fois dans un nouveau jeu. Et, comme pour tout jeu, je dois prendre connaissance de ses règles et les assimiler. Ces règles se révèlent assez contraignantes, même si pour ce nouveau « Tous ensemble », j’ai une plus grande latitude parce que les histoires comptent pour elles-mêmes et pas seulement en tant que vecteurs d’apprentissages linguistiques.  Le niveau de difficulté varie en fonction à la fois de la thématique, du vocabulaire, de la grammaire, d’éléments culturels et des connaissances présupposées des élèves. Je dois pouvoir jongler avec tout ça pour bâtir mon récit. Mon travail ressemble aussi à celui d’équilibriste : « il faudrait écrire un texte au participe composé mais uniquement en utilisant les verbes en er, uniquement avec l’auxiliaire avoir, sans l’imparfait et sans pronom personnel indirect… »

J’écris pour la maison d’édition Klett depuis une vingtaine d’années. Pourtant, aujourd’hui encore, à chaque fois, la fabrication d’une histoire qui prend en compte ces différents ingrédients constitue un défi. C’est là que le « jonglage », ressemble aussi à l’élaboration d’une recette de cuisine. Il faut concocter le meilleur plat avec des moyens limités, une économie de mots et de paradigmes grammaticaux. Un texte qui soit le plus digeste et le plus délicieux possible, à la fois pour les enseignants qui vont s’en servir de support, et pour les élèves dont il doit éveiller l’intérêt, encourager l’apprentissage.

„Journaliste de formation, je me documente beaucoup“

Au fil du temps, j’ai pris conscience de l’importance de ma mission. Elle ne consiste pas seulement à écrire des textes en français mais à transmettre aussi, en filigrane, une culture, un regard, une façon d’habiter le monde propre aux gens de mon pays et, plus largement, de la communauté francophone. L’enjeu est de susciter l’envie, le plaisir d’apprendre le français, pas seulement parce que le français est une belle langue, mais aussi parce que son apprentissage ouvre sur la diversité du monde. Ce qui suppose, de ma part, au quotidien, d’être attentive non seulement à la langue qui évolue mais aussi aux changements culturels et sociaux qui traversent la France et le monde francophone. Avant d’écrire, je me documente beaucoup, aidée en cela par ma formation de journaliste. Cette démarche ne va pas sans échanges, sans allers-retours. Titulaire d’un des premiers diplômes franco-allemands dans les années 1990, je ne cesse de regarder ce qui se passe au-delà des frontières et notamment outre-rhin, condition sine qua none de mon activité d’autrice française pour un public germanophone et européen.

Pour élaborer « mes » histoires, je m’inspire bien sûr de ma vie personnelle, de ma famille. Mes quatre enfants s’amusent souvent de retrouver dans mes récits des noms, des détails qui ne leur sont pas inconnus.

„Mes projets se nourrissent les uns les autres“

Mon travail pour Klett constitue une des nombreuses déclinaison de mon métier d’écrivaine.

J’écris essentiellement pour le jeune public français (podcast pour enfants, romans et documentaire ados) sous le nom d’Isabelle Collombat mais aussi sur des projets de scénarios de BD ou de films. Tous mes projets se nourrissent les uns les autres. Quand je m’intéresse à un sujet, à un lieu, à un personnage pour tel ou tel texte, je le vois resurgir, souvent malgré moi, dans un autre. Ainsi, après avoir rédigé un article sur le rugby féminin pour „Découvertes“, j’ai eu envie de lui consacrer un livre qui paraîtra prochainement aux éditions Actes Sud Junior.

Dans toutes ces activités, j’utilise les mots comme un.e sculpteur.rice façonne la glaise ou le bois pour créer une forme, un objet, une œuvre d’art. Quelle que soit la forme et le support final, roman, film, BD, radio, manuel scolaire, il faut souvent faire et refaire, rédiger et corriger, écrire trop et raccourcir, tenter de trouver le mot juste. Sans cesse recommencer. Le but, à chaque fois, est d’obtenir une histoire qui serait comme un vêtement dont on ne verrait pas les coutures.

Isabelle Darras lebt in Frankreich. Sie ist seit vielen Jahren Autorin für Tous ensemble und hat schon an vielen Projekten mitgewirkt.

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